Chirurgie maxillo-faciale

Martin Broome, PD., Dr. med. & med.-dent, chirurgien maxillo-facial FMH (CHUV)

Laurent Medinger, Dr. med. & med.-dent, chirurgien maxillo-facial FMH (CHUV) et orthodontiste spéc. (D)

Georges Herzog, MScD, orthodontiste spéc. SSO

Les fentes faciales affectent l’anatomie du nouveau-né, du fait de la nature congénitale de ces malformations. Il y a donc, à des degrés variables (voir: hétérogénéité, Le Sourire aux Lèvres), des malformations présentes à la naissance, touchant le maxillaire supérieur, le nez, la lèvre et le palais. Ces malformations varient en fonction de la nature et de la sévérité de la fente. La chirurgie primaire, visant à fermer chirugicalement la lèvre, le palais, ainsi qu’à réduire voire éliminer l’asymétrie nasale, aura des effets positifs immédiats et durables. Malheureusement, tout acte chirurgical implique inévitablement l’apparition de tissu cicatriciel.

Ce tissu cicatriciel peut avoir des effets négatifs sur la croissance et le développement du maxillaire supérieur, des dents, de la lèvre supérieure et du complexe cranio-facial dans son ensemble. Le tissu cicatriciel ne présente pas les mêmes caractéristiques de souplesse et d’adaptabilité que les muqueuses et le tissu cutané “normal“. De ce fait, les structures squelettiques sous-jacentes du maxillaire supérieur présenteront, à des degrés variables et pas toujours prévisibles, une croissance perturbée, avec des effets visibles particulièrement durant la période de croissance pubertaire.

On constate, dans près de la moitié des cas présentant les séquelles d’une fente labio-maxillo-palatine complète, une hypoplasie maxillaire (développement insuffisant du maxillaire supérieur) dans les trois plans de l’espace. Cette hypoplasie maxillaire s’exprime par des relations inter-maxillaires défavorables et inesthétiques. Typiquement, l’étage moyen de la face (base du nez et maxillaire supérieur) est rétrusif et le profil est légèrement concave, avec la mandibule plus en avant. Car la mandibule n’est que peu affectée par la présence de la fente faciale.

Les relations squelettiques étant altérées, il en est de même pour les relations dentaires et l’on est souvent confronté à une malocclusion relativement sévère que des moyens orthodontiques seuls ne sont pas en mesure de permettre une correction satisfaisante sur les plans esthétique et fonctionnel. Dans ces cas, le recours à une correction chirurgicale est indiquée, voire inévitable. Sans entrer dans des détails dépassant le cadre de cette page, on peut résumer en disant que, dans la plupart des cas, le maxillaire supérieur doit être avancé chirurgicalement comme on le voit sur les dessins ci-dessous.

lefort2

Cette intervention chirurgicale est réalisée par le chirurgien maxillo-facial de l’équipe, en coordination avec l’orthodontiste. Elle ne peut être réalisée avec succès qu’après une préparation orthodontique individualisée, rigoureusement planifiée avec le chirurgien.

L’appareillage orthodontique est indispensable à l’harmonisation pré-chirurgicale des arcades dentaires, et il constitue une aide précieuse pour le chirurgien lors de l’intervention, lui permettant de contrôler avec précision la position des segments osseux mobilisés et lors de la fixation rigide de ceux-ci durant l’intervention.

PS smile pre-op PS profil pre-opPS teeth pré-op

On peut constater, sur les images ci-dessus, la concavité du profil, avec un étage moyen de la face rétrusif, ce qui résulte (photo de face), en des relations dentaires esthétiques et fonctionnelles insatisfaisantes.

PS smile post-opPS profil post-opPS teeth final

Dans le cas de cette patiente, la complexité et la sévérité de la dysharmonie dento-faciale a nécessité le recours à une ostéotomie bi-maxillaire: le maxillaire supérieur a été avancé de 7 mm. et la mandibule, reculée de 5 mm. Le résultat (photos ci-dessus) obtenu n’aurait pas été possible sans le recours à la chirurgie et on doit admettre que cette intervention chirurgicale, loin de constituer une épreuve dont il aurait fallu tout tenter pour l’éviter à la patiente, constitue en réalité une chance extraordinaire pour elle, car son sourire lui appartient pour la vie.

PS tracé pré-opTracé céphalométrique de la patiente avant l’intervention chirurgicale: le maxillaire supérieur est très nettement en retrait par rapport à la mandibule: il y a un articulé croisé antérieur tant sur le plan squelettique que dentaire.   PS tracé post-op

ci-contre: Tracé céphalométrique après ostéotomies bi-maxillaires: le profil est normalisé, l’articulé croisé squelettique et dentaire sont éliminés.

Sur le tracé ci-dessous, on a superposé les profils avant (en bleu foncé) et après (en bleu clair) l’intervention chirurgicale et on peut constater l’avancement du maxillaire supérieur et le recul de la mandibule réalisés par le chirurgien.

RJ pre-post

Laisser un commentaire

les fentes faciales: séquelles et solutions thérapeutiques ………………………………………………… cleft lip & palate: sequelae & therapeutic solutions ……………………………………………….. Lippen-Kiefer-Gaumenspalten: ihre Konzequenzen und die therapeutischen Lösungen